Concepts clés

La résilience climatique désigne la capacité des communautés, des systèmes économiques et des écosystèmes à anticiper les chocs climatiques, à en absorber les impacts, à s’adapter aux nouvelles conditions et à se remettre des perturbations, tout en se transformant positivement pour mieux faire face aux défis futurs.

Évolution observée (1951-2020)

Les données climatiques recueillies sur près de 70 ans révèlent des tendances marquées : une augmentation de la température moyenne de +0,79°C, une baisse progressive des précipitations particulièrement accentuée depuis 2001, et une fréquence cyclonique élevée de 3 à 4 cyclones par an, avec une intensité croissante.

Projections futures (2080-2099)

Les modèles climatiques prévoient une accélération de ces changements : les températures pourraient augmenter de +2,0 à +4,2°C, les précipitations diminuer davantage dans les régions Est et Nord, les sécheresses devenir plus fréquentes et plus longues, et le niveau de la mer s’élever de 34 à 48 centimètres.

Le secteur des huiles essentielles est particulièrement vulnérable aux variations climatiques.

Les cultures aromatiques subissent un stress thermique et hydrique croissant, tandis que les excès d’eau favorisent le pourrissement et le développement de maladies.

Les cyclones peuvent détruire jusqu’à 75% des récoltes, comme ce fut le cas pour le tagète dans la région de Haute Matsiatra.

La variabilité des saisons perturbe les cycles de culture, et les conditions climatiques modifiées favorisent la prolifération de ravageurs et de maladies.

Chaque plante réagit différemment

Le girofle, par exemple, voit ses boutons floraux se transformer en feuilles sous l’effet de pluies excessives, ou dépérit lors de sécheresses prolongées

Le géranium, quant à lui, voit son feuillage détruit par le manque d’eau.

Au-delà des cultures, ces perturbations climatiques affectent profondément les conditions de vie des producteurs.

-55% de revenus pour les producteurs lors du passage de cyclones.

75% des ménages ruraux font face à des pénuries alimentaires 3,8 mois / an

78% de la population rurale touchée par la pauvreté.

L’isolement géographique, accentué par la dégradation des infrastructures routières, et l’informalité du secteur privent les producteurs de soutien institutionnel et financier formel, les rendant encore plus vulnérables face aux aléas climatiques.

Le projet ARCHE identifie trois dynamiques négatives qui s’auto-entretiennent et qu’il convient de rompre :

I – Les perturbations climatiques entraînent des pertes de rendement, qui aggravent la pauvreté, réduisant ainsi les capacités d’adaptation des producteurs face aux futurs chocs climatiques.

II – Les pratiques de distillation traditionnelles reposent sur une consommation intensive de bois de chauffe, conduisant à la déforestation, qui à son tour diminue la capacité de régulation climatique locale et accentue la vulnérabilité du territoire.

III – Les pratiques agricoles non durables dégradent les sols, favorisent l’érosion et amplifient les risques d’inondations, créant de nouvelles vulnérabilités pour les communautés et les cultures.

Renforcer la résilience des moyens de subsistance implique donc d’agir simultanément sur ces trois dimensions pour transformer durablement les conditions de vie et de production dans le secteur des huiles essentielles.